Je te fuis… Tu me suis ? On jouit sans se toucher… on se fait des virées aux temples interdits! Ô fils du vent, quand je te chevauche et que tu m’emportes, moi la Bise deviens Chergui… que m’importe d’être chair sur ta couche si je te suis chère à l’infini ?
Chez la dilettante
dans ce salon, que de mets de mots sans maux du je... la douce brise le ton orageux, mais sans tonner... ce n'est que du jeu..
En ce temps chaud des révolutions, mon roi à moi a cédé le trône... je suis désormais royaume désert sans gouverneur sans gouvernail je vague amère abysse de douleurs à l'aune de la détresse au monde un souffle froid ravage mon lit un vide cruel emplit mon coeur je marcherais bien pour l'appeler à revenir régir mon âme, je marcherais mille, vingt mille lieues vers le régent de mes humeurs je lui dirais ma dépendance mon refus de liberté et la cruauté de mes peurs je brandirais ses photos, ses discours et ses pull-over j'écraserais les opposants et les concurrents détracteurs je brûlerais les urnes et voterais unanime pour le retour du dictateur mais loyale je reste d'abord à moi je suis pays de toutes les guerres je me révolte en profondeur je livre bataille à ma faiblesse pour remporter plus de grandeur car grande je suis, et puis d'ailleurs il ira loin, mais je serai là à nourrir sa vie de nostalgies il n'oubliera jamais le pays car on l'aimera, on l'adulera mais il ne régnera nulle part ailleurs...
De mère à mer, on se comprend Dolente écume Salée amère Prends bien soin de mon enfant L’ingrat petit Il te préfère
Je l’ai nourri, Gorgé mon sein De flots d’amour Et de prières Sué mes rêves Pour qu’il me fuie Moi la sénile La vieille mégère…
Mon fils à moi Ne rêvait pas Tranquille et las Dans son berceau… Dans son cerceau Tournait le monde Tournaient le sol Et les éthers Sa terre était Plate et bornée Il n’y avait rien Derrière la mer
Il grandissait Un peu trop vite Un peu trop gros Pour son jeune âge Un peu bébête et tête en l’air La vie tenait Dans son assiette Son pain du jour Son verre de thé Un peu de graisse Quand il pouvait Un peu d’amour Pour son dessert
Mon fils à moi N’avait jamais Vu de goudron, Il n’avait pas Rêvé de faire Un tour de piste A deux ou quatre Roues de « GoodYear » Mon fils avait Pour seule monture Une carriole Charrette à l’âne Identitaire
Mon fils était Un jeune gaillard L’esprit bien vide L’âme débonnaire Il connaissait De Dieu deux noms Quelques sourates De son coran… On lui parlait De ces pays Où l’existence Etait d’enfer Plein de houris Vins inconnus Eden à vie Et sans prière Mon Kamikaze Rêvait ainsi Son paradis Bien éphémère
Un jour à l’aube Il est parti Je l’ai suivi Couru nu-pieds Et sans fichu… Criant au feu Amour ulcère Je l’ai perdu Vingt, vaines fois Sur ce sentier De suicidaires Port de Tanger Où la vie tangue Sur des canots Patibulaires
Je veux mon fils ! Je veux mon sang ! Mon sans papiers Sans ambitions !
Depuis, ma vie N’est que station Une aire sans Propriétaire Au pas du port, J’ai mon adresse Ici je dors… C’est là que j’erre Et ce Facteur Qui me renie Mon droit d’amour Epistolaire Je le maudis, J’écume ma haine ! Cailloux de larmes Sur sa casquette ! Crachats de peine Sur sa jaquette ! Un sombre idiot, Mais dites le lui Que ma folie Est passagère
De mère à mer, On se comprend Dolente écume Salée amère Prends bien soin De mon enfant L’ingrat petit… S’il te préfère Si tu l’as pris Noie mon chagrin La vie reprend… Je ne sais faire …
Je viens de loin... Petit poisson d’eau douce qui n’aime pas l’amer... Pourtant j’en reviens…
J’aurais aimé ne pas connaître… Les eaux troubles ni les naufrages… Avoir nagé sans disparaître Dans de sinistres nuits d’orage… Et j’aurais aimé ne pas m’être Noyée dedans en bas âge…
J’aurais aimé naitre en surface, N’être qu’un parcours peu profond Qui s’émousse et puis s’efface… Un trait sur vague, une vague trace Que d’autres déferlantes défont…
Mais je suis abysse dans un abysse… Mystère nautique, étoile de mer… Tellement limpide mais délétère Que l’on me nuise ou me haïsse… M’importe peu qu’on me chérisse… Je mords à l’âme sans… m’en faire…
Et alors, J’oublie… Je fuis les filets d’amarre Qui larguent les amours… Je crains les peines, alors je pars... Peut être un jour, ou sans retour…
Je plonge au creux… Ne me suis pas… Je te fuirai encore plus bas… Toujours au fond, le songe-creux…
Et si je m’écailler sans me cacher, Nullement n’est question de te toucher… J’aimerais ce jour que tu me laisses partir, Si tu ne peux à jamais me retenir… Je suis poisson, moi… une fois péché, Inaccessible au repentir…
Je cacherai à tout le monde ma dépendance, Me cacherai de moi-même et de ma faiblesse… Je ne raconterai à personne ma souffrance, Ni dévoilerai les vérités qui me blessent…
J’ai creusé la fosse au plus profond de mon âme, Pour y enterrer mes confidences et mes rages… J’y éteindrai les feux de passion et la flamme Qui subsiste, infime mais intense… et fait ravage…
Ô fosse des confidences, remplis-toi, vide-moi ! Garde pour toi, secret, le nom de mon démon ! Nourris-toi bien des mélancolies, vis d’émoi Et ravale mes dolents avals jusqu’à l’amont !
Et moi je vais te dire mon besoin de cet homme, Qui me livre, chaque jour, ma gorgée de vie… Je repais mon pauvre cœur, le jour, de son baume Et survis dans la crainte d’en manquer, la nuit…
et je te conterai, chaque fois en poème, Des bribes de cette folle passion qui me déchire… Et si un jour je ne puis te dire que je l’aime, C’est par manque de lui que tu me verras partir…
Je viendrai, Vénus, à ton mont où hurle vent du délire… libérer, du siège, quelques tourments pris dans le piège du désir…
Je suis le Dieu qui suit la Déesse qui essuie les jougs du plaisir… je suis la foi… celui qui croit, celui qui sait et ne sait prédire, les défaites d’amour ni les fêtes de guerre où le butin n’a guère de souci… que te séduire…
Je viendrai, Vénus, forcer la forge que Vulcain pense à jamais régir… je viendrai forcer son lit et lui assener la rage à la croisées de nos ires…
Et sur la couche adultère, je te ferai Amour et Haine, les jumeaux péchés sous les yeux Satyres… on brûlera le monde, on sauvera la vie, on sautera la vertu et sommera le vice qu’aucun saint ne saura maudire…
Je viendrai, Vénus, panser mon mâle que seul ma Déesse saura guérir… soigner mes sens, saigner mon sang… signer l’accord que petite mort puisse parvenir…
Ce soir, je viendrai, comme tous les soirs, après la guerre et le massacre, mille vies en offrande à l’autel de ton sacre, rêver à l’ombre de ton sourire… et viendra le jour, où voleront des nymphes à mon secours, fuyant l’égide pour me dire que tu voudrais m’appartenir…
sur le mur de mes 28 ans, j'écris ma joie en un jour ordinaire... la renaissance d'une femme toujours enfant... l'amour que j'ai pour ma mère... celui que j'ai pour les gens... un an de vie d'instants éphémères... un tas de souvenirs que je vous partagerai longtemps...
n'était-elle pas belle cette Françoise Hardy qui sous la plume de Gainsbourg devait s'essuyer les yeux des larmes d'un énième supplice de l'amour? ne mérite-t-elle pas une vengeance? :))
WAAAYLI CONTRE GAINSBOURG :
Sans aucun réflexe dur ou fielleux, D’accent circonflexe ou scandaleux Sur tes torts en exergue maculeux, Comment te dire adieu?
Tes désirs implexes, moi je ne veux, Plus question de sexe sans histoire à deux, Si ma vie en annexe importe peu, Alors je dis adieu !
je sais bien qu’un ex amour ne revient à la vie ou si peu mais pour moi une explication vaudrait mieux
je pointe mon index brûler au feu de ta rage connexe d’être malheureux, tant pis si je te vexe et même tant mieux que je te dise adieu !
et pour le fun,
CUTE CONTRE GAINSBOURG :)))
t'es bourré d’complexes, laid et lépreux, un p’tit rien te vexe, te rend honteux, je t’laisse mes kleenex, pour chialer mieux... et je te dis adieu !
et pi ton cortex qui sonne creux ; ton gant de latex que tu remplis peu, ton herpes simplex est nauséeux, là je te dis bien adieu !
tu sais bien qu’un ex-traterrestre comme toi n’a aucune chance ou si peu d’être avec moi mais une explication vaudrait mieux
sous aucun prétexte, je ne veux hors de ce contexte, fréquenter de gueux, je t’envoie ce texte pour éviter tes yeux, et je te dit adieu !
J’ai rêvé de toi pendant des mois… ton prompt départ m’a non seulement brisé le cœur, mais m’a également valu une lourde sanction par une supérieure insensible… t’étais devenue ma drogue, mon carburant… tu motivais mon réveil chaque matin et donnais raison d’être à tous mes faits quotidiens… méfaits de l’amour…
Oui je t’ai aimée de tout mon être… à la seconde même où je te vis manquer d’air sur ce lit froid, où je courus te ramener la vie par une bien dure sonde d’aspiration… tes lèvres reprenaient couleurs de la vie et avec eux, mon cœur palpitant d’espoir apprit à battre pour nous deux…
On s’étaient plus séparées depuis… on s’étaient aimées à souffrir de la longueur des nuits, l’ennui des staffs et les courtes pauses… les nuits de gardes ne m’effrayaient plus, j’y allais le sourire franc et la volonté incroyable… tu allais mal dès que je te quittais et tu me le signifiais bien ! j’étais devenue ton petit jouet et tu te plaisais bien à me secouer… te voir malade m’angoissait et tu en profitais… j’étais consciente de ta manipulation et même que j’en redemandais… fière de ton amour… gaga devant tes yeux…
Ton père était mort dans un bien cruel accident en te ramenant à l’hôpital suite à ta bronchiolite… ta mère en deuil, pauvre et esseulée, n’avait pas de quoi te rendre visite chaque jour au service depuis le bidon-ville Sidi Moumen, du coup chaque jour un voisin venait faire son apparition pour contribuer, dans la solidarité de la petite gent, à veiller sur toi… ils transmettaient tous ma noblesse ignorant tout de ma tendresse…
Mais toi tu savais combien je t’aimais… tes sourires me le disaient, tes regards défiaient mes rébellions et tes moues boudeuses savaient ma faiblesse…
Nos tête à tête les nuits de garde devaient bien exaspérer plus d’un et nos longues discussions câlines empêchaient la grosse infirmière de ronfler… et tu adorais faire ton tapage la nuit… tu râlais, tu râlais ! et je t’aimais… je t’aimais…
Et puis vint un jour où je dus quitter le service pour passer ces examens… je courrais après chaque matière pour te manger des yeux avant de me remettre à apprendre des mille et une pathologies…
Il vint ensuite le jour malsain où je me suis emmêlé les pinceaux sur les troubles hémato… une matière de ratée et bien ? je ne regrettais rien… je courus te filer les cent baisers du jour mais je me glaçai sur le perron en trouvant ton lit occupé… le service vide…
Je demandai après toi et on me dit que le médecin de salle estima que tu étais prête à rentrer chez toi… je lui criai son incompétence à cette inhumaine, de se soucier de son cursus plutôt que du bien être d’un patient… je fus renvoyée…
J’eus au cœur ce mal qu’on a lorsqu’on se rend compte d’avoir été spolié de sa vie, que dorénavant on se retrouve à l’extérieur de sa propre existence et qu’il faudra en bâtir une à nouveau, mais surtout qu’on n’en a pas la force !!
Je cherchai tes coordonnées, un téléphone, une adresse : Sidi Moumen… mais où ? Une jeune aide-soignante calma ma panique en m’informant de ton rendez-vous de contrôle dans la semaine… je lui laissai mon numéro de téléphone pour le communiquer à ta mère…
J’ai pleuré ce soir là, devant les yeux grands et l’air hébété de ma colocataire… t’imaginer manquer d’air le soir m’effrayait, mais pour dire mon égoïsme, j’avais surtout peur de manquer de ta présence…
Une semaine de lassitude et d’hypersomnie de lutte contre la douleur, puis sonna le téléphone : « Allo ! » « …. Ouais… » « Bonjour Docteur, je suis la mère de Nisrine ! on m’a dit que vous cherchiez à me joindre ! » « hein ? Bonjour Lalla ! comment va Nisrine ? elle se porte bien ? » « oui lhamdoulillah grâce à vous ! tout le monde m’a parlé de votre gentillesse, que dieu vous garde… y a-t-il un problème avec ma fille ? » « Non ! pas du tout, je me demandais juste si je pouvais la voir… si je pouvais vous rendre visite question de prendre de ses nouvelles, de vous venir en aide… » « Vous êtes bien gentille… je vous rappellerai. »
Elle raccrocha sec mais j’eus l’espoir de l’avoir à nouveau au téléphone…
Jamais plus de nouvelles de toi…
J’ai rêvé de toi pendant des mois…
Ce soir en revoyant pour la énième fois cette vidéo, j’ai compris enfin pourquoi elle me subjuguait… si tu es toujours de ce monde, tu dois avoir l’âge de cette petite nipponne sur la vidéo et les mêmes yeux bridés qui me rendaient folle de toi… le même sourire même si tu n’avais que 2 mois à ton admission et 6 à ton départ… pendant ces 4 mois là tu étais ma fille et j'ose même penser, qu'à cet âge, tu avais fini par croire que j'étais ta mère...
Et si ce soir, en écrivant ces mots, j’ai quelques larmes aux yeux, c’est parce que ce n’était pas le syndrome de l’étudiant en médecine qui me prit mais un vrai sentiment… qui ébranla mon être… Nisrine, où que tu sois, sois heureuse…