vendredi 22 janvier 2010

Oublie-moi...

parce que j'adore Diego El Cigala, cette chanson et les histoires qu'elle m'inspire :)





Que t’importe que je sois de ton monde, si tu n’as que d’absences à m’offrir ? que t’importe que tes gens t’apportent les échos de mes présences, mes déchéances puis mes renaissances si mon chapitre gît déjà sur les premières pages de ton journal ?

Qui suis-je pour frôler tes pensées et ta conscience ? même pas une erreur dans ta vie… même pas victime que tu aurais abusée… ce que j’ai prié pour être une victime ! un péché dont tu te serais dépêché de te repentir…

Je ne suis même pas une belle histoire… même pas un beau parcours qui impressionnerait la monotonie de tes jours… même pas un drame qui te donnerait froid au dos et te pousserait à te lover contre ton petit confort...

Je ne te suis même pas accessoire…

Je suis une comparse, « une action ! » pour remplir le scénario de ta vie… un pixel noir… Un petit rien pour contraste… une part de vide...

Pourtant, il fût un jour où tu me regardais, moi… où j’étais une étincelle autour de laquelle tu papillonnais… et bien que je me sois éteinte si vite, il m’arrive encore de me prendre pour la flamme que je fus, quand on me rapporte que tu as pensé à moi…

Oublie-moi… tourne enfin cette page que tu ne sauras à nouveau gratter… c’est que, tant que tu reviendras dessus, je m’offrirai à ta calligraphie… j'aspirerai à un retour… encore et toujours…

mercredi 6 janvier 2010

Déchois à mer...




Je viens de loin...
Petit poisson d’eau douce qui n’aime pas l’amer...
Pourtant j’en reviens…

J’aurais aimé ne pas connaître…
Les eaux troubles ni les naufrages…
Avoir nagé sans disparaître
Dans de sinistres nuits d’orage…
Et j’aurais aimé ne pas m’être
Noyée dedans en bas âge…

J’aurais aimé naitre en surface,
N’être qu’un parcours peu profond
Qui s’émousse et puis s’efface…
Un trait sur vague, une vague trace
Que d’autres déferlantes défont…

Mais je suis abysse dans un abysse…
Mystère nautique, étoile de mer…
Tellement limpide mais délétère
Que l’on me nuise ou me haïsse…
M’importe peu qu’on me chérisse…
Je mords à l’âme sans… m’en faire…

Et alors, J’oublie…
Je fuis les filets d’amarre
Qui larguent les amours…
Je crains les peines, alors je pars...
Peut être un jour, ou sans retour…

Je plonge au creux…
Ne me suis pas…
Je te fuirai encore plus bas…
Toujours au fond, le songe-creux…

Et si je m’écailler sans me cacher,
Nullement n’est question de te toucher…
J’aimerais ce jour que tu me laisses partir,
Si tu ne peux à jamais me retenir…
Je suis poisson, moi… une fois péché,
Inaccessible au repentir…

jeudi 17 septembre 2009

Déraison...






On ne saurait prédire l’amour à la folie,

Le cœur a ses raisons que la raison ignore,

Ni quand survient cette aigre douce mélancolie,

L’amour à déraison que la raison déplore…

Et tel un alliage de chardon et d’ancolie,

La beauté est pique et l’épine est indolore…

Et je ne sais par quel sortilège tu me lies

D’un béguin mortel qui te conjugue à mon sort…

Moi qui, de nuit, suis souvenance de ton oubli

Et m’oublie à ton souvenir jusqu’aux aurores…

Je ne rêve que de t’avoir au pied de mon lit

Pour avoir mon pied lorsque Morphée s’endort…

Très cher tourment, ma douce folie est si jolie

Que m’aliéner me donne bonheur et, pis encore,

Mes sens sont bons et le bon sens me démolit…

Je meurs d’amour à vie plutôt que vivre la mort…




jeudi 10 septembre 2009

Fosse confidences...






Je cacherai à tout le monde ma dépendance,
Me cacherai de moi-même et de ma faiblesse…
Je ne raconterai à personne ma souffrance,
Ni dévoilerai les vérités qui me blessent…

J’ai creusé la fosse au plus profond de mon âme,
Pour y enterrer mes confidences et mes rages…
J’y éteindrai les feux de passion et la flamme
Qui subsiste, infime mais intense… et fait ravage…

Ô fosse des confidences, remplis-toi, vide-moi !
Garde pour toi, secret, le nom de mon démon !
Nourris-toi bien des mélancolies, vis d’émoi
Et ravale mes dolents avals jusqu’à l’amont !

Et moi je vais te dire mon besoin de cet homme,
Qui me livre, chaque jour, ma gorgée de vie…
Je repais mon pauvre cœur, le jour, de son baume
Et survis dans la crainte d’en manquer, la nuit…

et je te conterai, chaque fois en poème,
Des bribes de cette folle passion qui me déchire…
Et si un jour je ne puis te dire que je l’aime,
C’est par manque de lui que tu me verras partir…

vendredi 28 août 2009

Peccavi...






Sur les bouts de tes doigts,

S’inscrivent mes secrets

En empreintes d’émoi

Et d’amour qui se créent

Dans le plein désarroi

De nuits d’union nacrée…

S’immole alors ma foi

Au pied du lien sacré,

Quand tu contres mes lois

M’infligeant ton décret

Où le vice nous est roi

Et les mœurs massacrées…

La dame de bon aloi

Se voit vertu sucrée

Et âme damnée, mais toi

A peine si exécré…

Et je ne blâme que moi

De m’être consacrée

Au culte qui festoie

Le mâle qui se récrée…

mardi 18 août 2009

Nuits blanches...




Un jour peut être j’aurais ma revanche

sur le mal qui me nuit, sur les nuits blanches

et les maigres matinées du dimanche…

amnésique de l’insomnie que déclenchent

les vérités qui blessent, les douleurs franches,

j’aurais plus la tête, la mémoire qui flanche,

chats à fouetter et pain sur la planche…

la tête hermétique et le cœur étanche,

sans peine qui me perche ni perche qui me branche,

je croulerai au lit sous l’avalanche

de fatigues tassées, de paix qui s’épanche…

et je coucherai nue, un drap sur la hanche

Morphée dans les bras… le sommeil qui tranche…



FM

dimanche 2 août 2009

Maléfice…




Comme il est doux et cruel cet air délétère,

Haleine amère, effluve qui m’attire et me hisse

Vers l’enfer dont la porte scellée se desserre,

et m’invite et me traine sur des traînées de vices…

J’en oublie le nom de Dieu, l’étreinte de ma mère,

La foi, la loi, la morale et autres supplices…

J’en embrasse des doctrines démoniaques et j’adhère

Aux cultes du mâle que les bons divins maudissent…

J’en aime l’odeur qui me grise, le goût qui m’ulcère,

Et les brûlures qui, lorsqu’elles m’attrapent, me guérissent…

Et je me gave de cette horreur qui me lacère,

Sous peine de mort ou de prison pour vénéfice…

Je m’avoue accro à l’arme de mon tortionnaire,

Ce fouet de musc, de tabac et de réglisse…

Vous raillez peut-être ma niaiserie qui dégénère,

Mais sans ignorer que je ne suis pas novice…

Et l’arome dont ce diable d’homme embaume l’air,

Ce n’est point un parfum… plutôt pur maléfice…

mercredi 20 mai 2009

Mars... à Vénus...




Je viendrai, Vénus, à ton mont où hurle vent du délire… libérer, du siège, quelques tourments pris dans le piège du désir…


Je suis le Dieu qui suit la Déesse qui essuie les jougs du plaisir… je suis la foi… celui qui croit, celui qui sait et ne sait prédire, les défaites d’amour ni les fêtes de guerre où le butin n’a guère de souci… que te séduire…


Je viendrai, Vénus, forcer la forge que Vulcain pense à jamais régir… je viendrai forcer son lit et lui assener la rage à la croisées de nos ires…


Et sur la couche adultère, je te ferai Amour et Haine, les jumeaux péchés sous les yeux Satyres… on brûlera le monde, on sauvera la vie, on sautera la vertu et sommera le vice qu’aucun saint ne saura maudire…


Je viendrai, Vénus, panser mon mâle que seul ma Déesse saura guérir… soigner mes sens, saigner mon sang… signer l’accord que petite mort puisse parvenir…


Ce soir, je viendrai, comme tous les soirs, après la guerre et le massacre, mille vies en offrande à l’autel de ton sacre, rêver à l’ombre de ton sourire… et viendra le jour, où voleront des nymphes à mon secours, fuyant l’égide pour me dire que tu voudrais m’appartenir…

lundi 11 mai 2009

Mercanti...






Il manque à ma vie l’étiquette « bonheur »,
Sur le pan de mon histoire sans faux pli…

Le permis de m’essorer y figure
Et celui de sécher mon cœur aussi…

De repasser quand ça casse… décrasser
Mes rêves qui s’emboivent de moult inepties…

Je suis étoffe rangée dans un placard,
Souffrant la solitude de mon repli,

Piquée dans mon orgueil par l’abandon
Puis accoutumée de fil en aiguille…

J’étais celle qui plaisait auparavant,
Je suis de celles dont le teint dépérit…

Parce qu’on est nombreuses à éprouver
La singularité de ta manie…

Toi qui te vante de vendre l’air au vent
Et de gagner l’amour sans garantie…

Non pas de thune tu t’es payé nos cœurs,
Mais bien de mots d’amour non ressenti…

Nulle ne garde, à tes yeux, quelque valeur
Quand le timbre du désir retentit…

Tu exhibes la nouvelle recrue en toile
Et caches celles auxquelles tu as menti…

Tu vendrais même tes belles au plus offrant,
C’est que l’amour sied mieux aux plus nantis…

Et moi je suis l’une de ces femmes esclaves
Que ton fol amour a assujetties…

J’attends depuis longtemps mon acquéreur
Pour enfin fuir ton empire… Mercanti…

dimanche 3 mai 2009

Grivoiseries...





Il est des jours où j’aime à rimailler
Des mots impudiques quand je soliloque…

Je préfère les lettres viles aux puritaines,
Les pensées obscènes aux idées loufoques…

J’écris, j’écrie et crée, à l’encre impure,
Des contes de fantasmes crus sur œuvres de choc…

Se noie la gêne de bon aloi, l’émoi
Pantois et coi d’effroi, quand je débloque…

J’immole le chaste aux pieds du graveleux
Et prise le méprisable aux jeux de troc…

Dans l’indécence de mes grivoiseries,
La nonne se touche et le moine se défroque…

L’esclave, la maitresse et la courtisane
Savourent les bambochades que je provoque…

Le stupre est mâle et la luxure est bonne,
Pour hommes et femmes, au désir réciproque…

J’écris pour prendre ma flamme en siège et vous
Tendre piège pour tourner le mou en roc…



Waaayli 3la La polissonne :)

jeudi 2 avril 2009

Trashhhhhhhhhhhhh!!!!!!



parce que c'est méchant:

http://imadovsky.blogspot.com/2008/09/dwarf-dwarf.html


parce que c'est gratuit:

http://imadovsky.blogspot.com/2008/12/haine-de-spectacle.html



parce que c'est provoc:

http://imadovsky.blogspot.com/2009/02/injustice-de-meufs.html



parce que c'est violent:

http://imadovsky.blogspot.com/2008/09/le-pare-brise.html


parce que c'est brillant:

http://imadovsky.blogspot.com/2007/02/dmoniaque.html



parce que c'est fêlé:

http://imadovsky.blogspot.com/2007/10/street-fighter.html



parce que c'est trashy:

http://imadovsky.blogspot.com/2008/07/dialogue-de-sourds.html


parce que c'est "putain de merde!":

http://imadovsky.blogspot.com/2008/03/quelle-suceuse-tes-vous.html


J'adore ce blog!!!!

(ça c'est du buzz Nabab! :))

samedi 21 mars 2009

J'oublierai...

Le jour d’amont… L’amant du jour…

Baisers d’envie… Envies d’baiser…

Les verres au lit… La lie aux vers…

Mensonges infâmes… Homme de mon songe…



Tout oublier… tout ce qui me ronge…

Erreurs passées et ressassées… j’essuierai tout à coup d’éponge…

Fidèle amie… fi d’elle ! la pire… feu, d’elle, apyre… la fausse oronge…

Les mots bénins… les mots venins… ceux qui perdurent et se prolongent…

La mauvaise note et la fausse note… Nota Bene qui me replonge…

J’oublierai tout… tout comme toujours…



Mes jeux de mots… Mes maux du Je…

Des piques à l’âme… Des lames à pic…

Des faits divers… D’hivers défaits…

Langes de minot… Minois de l’ange…


Tout oublier… tout ce qui démange…

La joie de vivre… la rage de vivre… peur de mourir qui me dérange…

L’angoisse, la crainte et les soucis… les repentirs de fourbes fanges…

Les oui, les non et les silences… les dictatures et libres échanges…

Le bon, la brute et le truand… le coutumier tout comme l’étrange…

J’oublierai tout… tout comme toujours…


Si rien ne reste et ne perdure, que l’oubli dure et me déleste…





PS: ce n'est pas l'Alzheimer juvénile, ne vous inquiétez pas pour moi :))

lundi 16 mars 2009

28...


sur le mur de mes 28 ans, j'écris ma joie en un jour ordinaire... la renaissance d'une femme toujours enfant... l'amour que j'ai pour ma mère... celui que j'ai pour les gens... un an de vie d'instants éphémères... un tas de souvenirs que je vous partagerai longtemps...

mwah :)

vendredi 13 mars 2009

Comment te dire Adieu...

n'était-elle pas belle cette Françoise Hardy qui sous la plume de Gainsbourg devait s'essuyer les yeux des larmes d'un énième supplice de l'amour?
ne mérite-t-elle pas une vengeance? :))





WAAAYLI CONTRE GAINSBOURG :



Sans aucun réflexe dur ou fielleux,
D’accent circonflexe ou scandaleux
Sur tes torts en exergue maculeux,
Comment te dire adieu?

Tes désirs implexes, moi je ne veux,
Plus question de sexe sans histoire à deux,
Si ma vie en annexe importe peu,
Alors je dis adieu !

je sais bien qu’un ex amour
ne revient à la vie ou si peu
mais pour moi
une explication vaudrait mieux

je pointe mon index brûler au feu
de ta rage connexe d’être malheureux,
tant pis si je te vexe et même tant mieux
que je te dise adieu !






et pour le fun,

CUTE CONTRE GAINSBOURG :)))


t'es bourré d’complexes, laid et lépreux,
un p’tit rien te vexe, te rend honteux,
je t’laisse mes kleenex, pour chialer mieux...
et je te dis adieu !

et pi ton cortex qui sonne creux ;
ton gant de latex que tu remplis peu,
ton herpes simplex est nauséeux,
là je te dis bien adieu !

tu sais bien qu’un ex-traterrestre
comme toi n’a aucune chance ou si peu
d’être avec moi mais
une explication vaudrait mieux

sous aucun prétexte, je ne veux
hors de ce contexte, fréquenter de gueux,
je t’envoie ce texte pour éviter tes yeux,
et je te dit adieu !








c'est très chantable aussi :)))

lundi 9 mars 2009

Fiesta :)

puisse mon humeur être contagieuse!!







Mwah à tous :)

jeudi 5 mars 2009

J'aimerais...





J’aimerais te dire…
La vie, les hommes et les aventures qui jamais n’auraient de moi que souvenances d’envies, d’arômes et de ruptures…

J’aimerais médire…
La gloire, l’argent et le plaisir… tant de vétilles à peine plus denses que l’écume d’un soir des filles vagues de ton désir…

J’aimerais maudire…
Mes jeux, mes tus quand je me voue, dans des silences et des aveux qui délient mes yeux quand ma langue se noue…

J’aimerais te lire…
Des versets de mon livre… des psaumes, des chants et des proses libertines… les fleurs du mâle que je me délivre…

J’aimerais sourire…
De moi d’émoi et d’allégresse… à toi au lit à ton réveil… de toi à moi, de force ou en faiblesse…

J’aimerais périr…
Sur les pages blanches de tes demains… sur ta couche vide, ton regard aride… mourir et naître entre tes mains…

J’aimerais finir…
Mes messages à toi par des « je t’aime », une promesse d’amour, des baisers au vent… l’histoire latente de mon tourment…

J’aimerais dormir…
Ne me réveille que pour me dire… que tu voudrais m’appartenir…

mardi 3 mars 2009

Nisrine…

J’ai rêvé de toi pendant des mois… ton prompt départ m’a non seulement brisé le cœur, mais m’a également valu une lourde sanction par une supérieure insensible… t’étais devenue ma drogue, mon carburant… tu motivais mon réveil chaque matin et donnais raison d’être à tous mes faits quotidiens… méfaits de l’amour…

Oui je t’ai aimée de tout mon être… à la seconde même où je te vis manquer d’air sur ce lit froid, où je courus te ramener la vie par une bien dure sonde d’aspiration… tes lèvres reprenaient couleurs de la vie et avec eux, mon cœur palpitant d’espoir apprit à battre pour nous deux…

On s’étaient plus séparées depuis… on s’étaient aimées à souffrir de la longueur des nuits, l’ennui des staffs et les courtes pauses… les nuits de gardes ne m’effrayaient plus, j’y allais le sourire franc et la volonté incroyable… tu allais mal dès que je te quittais et tu me le signifiais bien ! j’étais devenue ton petit jouet et tu te plaisais bien à me secouer… te voir malade m’angoissait et tu en profitais… j’étais consciente de ta manipulation et même que j’en redemandais… fière de ton amour… gaga devant tes yeux…

Ton père était mort dans un bien cruel accident en te ramenant à l’hôpital suite à ta bronchiolite… ta mère en deuil, pauvre et esseulée, n’avait pas de quoi te rendre visite chaque jour au service depuis le bidon-ville Sidi Moumen, du coup chaque jour un voisin venait faire son apparition pour contribuer, dans la solidarité de la petite gent, à veiller sur toi… ils transmettaient tous ma noblesse ignorant tout de ma tendresse…

Mais toi tu savais combien je t’aimais… tes sourires me le disaient, tes regards défiaient mes rébellions et tes moues boudeuses savaient ma faiblesse…

Nos tête à tête les nuits de garde devaient bien exaspérer plus d’un et nos longues discussions câlines empêchaient la grosse infirmière de ronfler… et tu adorais faire ton tapage la nuit… tu râlais, tu râlais ! et je t’aimais… je t’aimais…

Et puis vint un jour où je dus quitter le service pour passer ces examens… je courrais après chaque matière pour te manger des yeux avant de me remettre à apprendre des mille et une pathologies…

Il vint ensuite le jour malsain où je me suis emmêlé les pinceaux sur les troubles hémato… une matière de ratée et bien ? je ne regrettais rien… je courus te filer les cent baisers du jour mais je me glaçai sur le perron en trouvant ton lit occupé… le service vide…

Je demandai après toi et on me dit que le médecin de salle estima que tu étais prête à rentrer chez toi… je lui criai son incompétence à cette inhumaine, de se soucier de son cursus plutôt que du bien être d’un patient… je fus renvoyée…

J’eus au cœur ce mal qu’on a lorsqu’on se rend compte d’avoir été spolié de sa vie, que dorénavant on se retrouve à l’extérieur de sa propre existence et qu’il faudra en bâtir une à nouveau, mais surtout qu’on n’en a pas la force !!

Je cherchai tes coordonnées, un téléphone, une adresse : Sidi Moumen… mais où ?
Une jeune aide-soignante calma ma panique en m’informant de ton rendez-vous de contrôle dans la semaine… je lui laissai mon numéro de téléphone pour le communiquer à ta mère…

J’ai pleuré ce soir là, devant les yeux grands et l’air hébété de ma colocataire… t’imaginer manquer d’air le soir m’effrayait, mais pour dire mon égoïsme, j’avais surtout peur de manquer de ta présence…

Une semaine de lassitude et d’hypersomnie de lutte contre la douleur, puis sonna le téléphone :
« Allo ! »
« …. Ouais… »
« Bonjour Docteur, je suis la mère de Nisrine ! on m’a dit que vous cherchiez à me joindre ! »
« hein ? Bonjour Lalla ! comment va Nisrine ? elle se porte bien ? »
« oui lhamdoulillah grâce à vous ! tout le monde m’a parlé de votre gentillesse, que dieu vous garde… y a-t-il un problème avec ma fille ? »
« Non ! pas du tout, je me demandais juste si je pouvais la voir… si je pouvais vous rendre visite question de prendre de ses nouvelles, de vous venir en aide… »
« Vous êtes bien gentille… je vous rappellerai. »

Elle raccrocha sec mais j’eus l’espoir de l’avoir à nouveau au téléphone…

Jamais plus de nouvelles de toi…

J’ai rêvé de toi pendant des mois…

Ce soir en revoyant pour la énième fois cette vidéo, j’ai compris enfin pourquoi elle me subjuguait… si tu es toujours de ce monde, tu dois avoir l’âge de cette petite nipponne sur la vidéo et les mêmes yeux bridés qui me rendaient folle de toi… le même sourire même si tu n’avais que 2 mois à ton admission et 6 à ton départ… pendant ces 4 mois là tu étais ma fille et j'ose même penser, qu'à cet âge, tu avais fini par croire que j'étais ta mère...

Et si ce soir, en écrivant ces mots, j’ai quelques larmes aux yeux, c’est parce que ce n’était pas le syndrome de l’étudiant en médecine qui me prit mais un vrai sentiment… qui ébranla mon être…
Nisrine, où que tu sois, sois heureuse…



dimanche 1 mars 2009

Au bar M...






Dans de ce bar obscur, je n’aime pas l’image que les miroirs me reflètent…

Je me connais si belle à la clarté du jour… on m’a prise la première fois sous des milliers de lampes et en témoin, le soleil promettait ma pureté cristalline… je fus confinée par la suite à de sombres usages, à changer de supports et à supporter la variété… à rêver d’appartenir à vie plutôt que de détailler cette vie qu’on m’achète…

J’aimerais tant partir de ce bar… recouvrer l’éclat du jour ou partir en éclat… le quitter en débris ou en cachette… que ne ferais-je pour que vienne m’emporter un homme aux mille vices m’infliger le supplice de ses caresses, de ses attouchements quand, dans un coup de langue qui réitère son envie, sa bave dérange ma mine surfaite…

Je me dis qu’il me viendra le temps où je ne serais plus alignée entre autres racoleuses à l’opacité prononcée, l’habitude nébuleuse… où je ne me vendrais pas au premier venu pour qu’il noie en mon sein le désarroi de sa vie, qu’il me susurre les histoires du monde d’au-delà de la vitre opaque puis m’abandonne à ma faim, une fois assouvi… sans me faire l’avance que je guette…

J’attends dans ce bar et chaque soir je m’impatiente à couvrir mes courbes d’une main avide, d’une bouche amère au suçon sévère… je me livre sans réserve, je me déverse à m’en souiller le revers, ne m’arrachant le cri qu’une fois vide… j’enivre et me soûle pour oublier le bar, la nuit et la foule et me coucher toujours insatisfaite…

J’attends désespérément ce sauveur qui m’emporterait loin de mes pairs… érodée par d’autres mais aimée de lui, j’écumerais à lui seul ma mousse à la lie… pour peu qu’il ne soit pas criblé de dettes ! Parce que fine je suis et c’est qu’au Champagne qu’on remplit la fluette !

J’attends dans ce bar, rangée sur le comptoir… la barmaid me prend puis me repose, les autres coupes arrosent et moi j’attends mon tour… rêvassant aux lumières du jour, aspirant à quitter le bar dans un écrin de velours… plutôt qu’en souffre-douleur, offrir mon éclat et mes lueurs dans une ambiance de fête…




atelier d'écriture "écrivons donc!"

mercredi 25 février 2009

Eolia...






Je suis air…

Je m’emporte et m’envole… hanter le panthéon où vent divin me frôle… me déifie et me baptise souffle d’Éole…

Je suis la brise… qui brise le ton d’orage… je suis le temps doux qui fait ravage, qui te décolle de ta fausse paix au vrai tourment… tempête interne qui te livre doucement… à de suaves perditions sans dommages…

Et toi de même… Fils d’Eole : Vent effréné, tornade extrême… cyclone déchaîné quand vent je sème…

Ô frère des montagnes et des arbres ! Veux tu aller aux monts sacrées ?

Là où le souffle se saccade au décours de la Bise ? Suis donc la brise là où se brisent des chênes sous le pied de Vénus, où se déchaîne Echo la rapporteuse des soupirs de Zeus... veux-tu ?

A quoi bon les touchers fébriles, les contacts de chair si nous ne sommes qu’air ? si en moi tu peux venir autant de fois que l’éternel et si en toi je peux périr puis reprendre souffle de la vie ???

Je te fuis… Tu me suis ? On jouit sans se toucher… on se fait des virées aux temples interdits! Ô fils du vent, quand je te chevauche et que tu m’emportes, moi la Bise deviens Chergui… que m’importe d’être chair sur ta couche si je te suis chère à l’infini ?

jeudi 19 février 2009

Par Saint Valentin!






Décidément, il ne fait pas bon d’enjamber les toits quand l’émoi se prend le coup de pied... et ce soir, le cœur lourd et le pas las, ses sauts se font courts, le souffle bas, l’humeur à ras… le bol rare de la main du soupier…

Il n’aurait pas dit non à un câlin, même Garcia en recevra un ! Mais ainsi veut Dame Providence qui le largue sans cavalière sur la piste de danse… un soir de Saint Valentin !

Il s’en va, alors, voyeuriser, à travers les carreaux, des pics d’amour, à s’en pincer le cœur… dire que Tornado ira brouter la friche avec sa biche, et qu’il la couchera à la belle étoile… en tout bien, tout bonheur…

Il embêterait bien la cavalerie par quelque sotte bagatelle, mais qui ira filer le Zorro, laissant poireauter les jarretelles ?

Amour, amour !! même au tombeur légendaire, ça joue des tours… et dans les souvenances de Don Diego, las señoritas défilent en file, sur les notes de la guitare du troubadour ! mais ce soir, chaque belle se trouve homme qui craque et Diego, tant traqué d’elles, se détraque…

Il est sorti ce soir à la rencontre de la lune, s’inspirer de sa beauté pour expirer son infortune… mais même la lune se refuse à lui, et s’égare dans le jais de la nuit, sous une écharpe importune …

Il fait très sombre et c’est ainsi que Zorro, en voulant dévaler rapidement les tuiles, se retrouve affalé dans le patio d’un domicile !

La chute est rude, mais moins éprouvante que sa solitude… Zorro se lève tant bien que mal découvrir la cour de la maison, et s’attarde à mirer longuement sa magnifique floraison… Il n’avait jamais remarqué cette demeure fermée depuis bien des saisons... Et dans sa mélancolie, il s’en va errer le long du mur, observer depuis les vérandas des amours et des bitures…

Mais avant d’échapper au charme du Saint Valentin, il sent soudain une arme l’effleurer ! et retentit une voix au timbre cristallin :
« Et si vous me jetiez donc ce fleuret ? »

Au ton de femme, magie et flamme, Zorro se redresse pour affronter la dame… peau de bronze et longue tresse… regard d’ébène et furie de tigresse…

« Otez votre masque ou je demande du secours, que mes maîtres accourent à mes cris de détresse ! »

« je ne suis point discourtois, veuillez donc excuser ma maladresse, mais comment est-ce possible qu’une telle beauté ne puisse être maîtresse ? »

« Assez de bobards joli cœur ! »

« Mais dame, je ne suis point menteur ! je ne saurais dire de quelle contrée proviennent vos charmes, mais l’ardeur de votre regard me désarme… d’ailleurs vous pouvez ranger votre balai car mon arme restera emballée… »

« Quelle suffisance pour un piètre voleur ! Pensez vous me rouler imposteur ? »

« je vous roulerais bien si je puis me permettre de vous mener jusqu’au lit pour m’y soumettre ! »

« je n’aime point les cabotins, de surcroît masqués et importuns ! »

« ai-je interrompu vos amusements ? ou bien ai-je causé, en rappelant la solitude, votre désabusement ? Sachez princesse que je suis seigneur ! Que de mes jours j’en ravis des cœurs et de mes nuits je me convertis bienfaiteur… je lutte contre le tort et l’injustice, et ma foi, votre rang vous porte préjudice… le Grand Zorro à votre service ! »

« et moi je suis Zohra, pur sang arabe, fleur de mon pays… ravie de force à ma tribu assaillie… je me sers des armes comme vous maniez vos fourchettes et c’est pour cela qu’on ne m’a jamais cueillie ! »

Mais c’est compter sans la magie de ce jour car la sainte alchimie suit son cours… Zorro trouve Valentine et Zohra découvre l’amour…

A l’aube du lendemain, au décours du dernier baiser, quand les promesses se taisent, les craintes apaisées, s’en va el Zorro quitter son orientale, rejoindre dans la pénombre son cheval…

Mais à l’instant même où il traverse la place, les hommes de Garcia le ramassent !

« Reste où tu es vil scélérat ! Enfin, je te tiens Zorro le malfrat ! »

El Zorro soupire et se retourne, ce fût trop beau pour finir en paix…

« Señor Diego De La Vega ? Excusez mes hommes d’avoir déparé ! »

En fait, Zorro avait donné en souvenir, son masque à Zohra en promettant de revenir… dire que ça l’a sauvé d’un combat vain au lendemain d’une nuit de plaisir…

« Dieu du ciel noble seigneur ! il y a un Z sous votre chemisier entrouvert ! Auriez-vous croisé le malfaiteur ? »

« Oui, Garcia je l’ai croisé… notre lutte dura la nuit entière et j’en suis usé… je vous en parlerais bien mais laissez moi donc me reposer… »

Le Z au Khôl de Zohra refuse de partir, et le cœur de Diego palpite de son souvenir… il y a comme de l’amour dans l’air ce matin…

à vous aussi je dis Joyeuse Saint Valentin !