lundi 5 mai 2008

Les saisons de notre Amour...



(clique pour agrandir :))






...Aimeras-tu mon été ? »

Oh oui…
Autant que, de mes printemps, se plissent tes yeux de ce sourire jovial… autant que, de mes nectars, se gavent tes lèvres mandatrices de folie et de fournaise... et j’aimerai ce goût de sel comme tu aimes cueillir ma floraison vernale… à lécher le sable blanc pour recouvrer tes mains mouille et braise…

Si j’aime ton été ?
J’aime quand sur mes pétales dégouline ta pêche... je me fais verte de jalousie de tes senteurs fruitées qui me parlent d’un futur aux tons multicolores et effluves d’amour qui m’allèchent… mon cœur papillonne autour de ton feu pourpre rougeoyant ma face et ma sensibilité…

Je te raconte dans une mythologie à peine née de mon limbe épris, comment une fille de Mars l’adultère s’est énamourée de Vulcain l’estival, dont l’arme flamboyante rougie tant de trahison que de mépris a emporté au Styx de l’enfer la belle amourachée virginale…

Si j’aime ton été ???
Oui j’aime… j’aime…. OH J’AIME !!!
Et je veux que de ton feu s’embrase ton soleil… celui qui fait sur tes tempes les cendres de mon visage! J’en prie même Lucifer, et que m’importe le blasphème, pour que demain dés mon réveil, s’emporte au loin mon feuillage… jusqu’à ta passion délétère…

Ton été si beau et si couleurs attirant à flot mes tons jouvenceaux… tes lèvres pulpe jutant saveurs sur mes yeux penauds et mes doigts puceaux…
Tu me promets sans me dire, ce futur hilare qui du printemps, me cèdera à l’été de ton délire qui me suce vers un lendemain tentant….

Si j’aime ton été ?
Oui j’aime ton été, mais j’aimerai aussi ton automne… où tu te contenteras de ma gaîté pour peupler tes jours monotones… je serai alors cet été qui en ce jour n’est que promesse et qui, de ta sensibilité, tu en fais fine poétesse…

Et dans bien des années… quand tombera la neige sur ton jour hivernal, blêmissant ton teint basané, glaçant ton brasier infernal… je laisserai tomber mes feuilles fanées les cédant dans une valse finale à tes pieds… condamnée à l’adieu dans ton terminal…

En attendant, mon bel ardent, viens lécher ma rosée et empourprer ma décence… et peut être qu’en te hasardant trop près je te laisserai baigner dans ma jouvence…

As-tu soif ? :)

samedi 3 mai 2008

l'envie de Loula... Lilas...







c'est le printemps...
je suis en vie...
et j'ai envie...
de fuir le temps...

d'éclore mes jours...
sous le soleil…
un beau réveil…
aux bras de l’amour…

comme lorsque, hier…
m’a fait voler…
un p’tit ailé…
haut dans les airs…

je veux sourire…
pleurer le deuil…
griser mon œil…
de doux plaisirs…

juste une idée…
dite par loula…
le beau lilas…


moi l’orchidée…



mercredi 23 avril 2008

La présente imparfaite...

Conjugue toi à l’imparfaite… une ébauche inachevée d’une histoire incomplète qui débute inlassablement dans un acte qui se répète…

Aime moi d’un amour qui perdure dans le temps, qui dans un passé récent a été préludes latents et qui demain proche va être feu patent…

Pourquoi deviens-tu soudain résistif au fil que tu m’as tendu, coquin et suggestif, larguant ce lien subtil au subjonctif ?

Ne vois-tu pas que le peu de notre passé tumultueux nous promet folie et temps torrentueux… et promptes passions à verse de nos futurs cieux ?

Sais-tu qu’à refuser ainsi mon présent et qu’à vouloir préserver nos déclinaisons,tu ne fais qu’exhumer l’inactuel de ta raison ?

Car je suis amour tout simple, petit auxiliaire qui se compose à ton cœur chaud et se désaltère de ton verbe fin et ta logorrhée passagère…

Je m’avoue imparfaite qui te porte passion inconditionnelle, je te fais donc cette promesse éternelle de m’accorder à ta langue en mots communs et mortels…



pur dilettantisme...



ET me répond enfin l'étang des mots, mon maître de maux:


Je conjuguerais ton amour à l’éternel du temps, rêvant à l’envie, mon corps au passé, ma tête au futur et mon cœur en présent.

Mon conditionnel ne peut être substantif de ton passé présent. Seul l’imparfait nous conjuguera dans l’accord subjectif d’une césure du temps… ton article suspendu au mien et mes « tu » dans ton jeu que mon tentant « JE » dans tes tus entend, désarticulent nos je-nous…à coucher le verbe dans la douceur auxiliaire d’un mot.

Quelle importance à taire mon jeu thème puisque imparfait et plus que parfait font présent et que l’auxiliaire avoir n’a jamais aussi bien chanté ta raison…

Je participe ton présent et de tout le poids de mon passé je dis l’étant…

J’aime ton tu…

Aimeras tu mon été ?


kb...l'étang des mots

vendredi 18 avril 2008

mercredi 16 avril 2008

ma compagne...

Elle est belle…
Elle était encore plus belle dans sa jeunesse… toute menue et se lisait l’innocence sur son regard perdu, l’appréhension s’y étalait aussi, ainsi que la joie quand je daignais lui accorder un regard…

Le premier jour, où en sortant rejoindre un écervelé de flirt pour une puérilité de bal, je l’ai trouvée devant ma porte, sale et affamée, j’ai esquivé son regard suppliant pour me gaver de la joliesse de la tête gominée…

« Je ne la connais pas » dis-je en français qu’elle ne comprend toujours pas… et je m’en suis allée noyer ma niaiserie dans les déferlantes stupides du plaisir jeunot…

En rentrant je l’ai trouvée à ma porte, seule et affolée… dès qu’elle m’a aperçue la joie s’est installée d’un coup sur ses traits pour l’installer de force dans ma vie…

Depuis ce soir là l’ai connue, je l’ai aimée… j’ai partagée avec elle mes joies et ma couche… elle a mangé dans mon plat et sali ma salle de bain…
Elle a vécu mes chagrins d’amour éphémères pleurant ma solitude et j’ai vu défiler ses mâles l’un après l’autre…

Nous ne sommes jamais séparées, ni quittées depuis… on a dragouillé ensemble et ragé contre les voisins bruyants, perdu des poils et pris des cheveux blancs…

« Elle est très belle ! »

J’esquisse le sourire qu’il attend de moi et m’oblige à dire :
« Oui… je vous l’avais dit … »

« Tout ira bien je vous assure… la biopsie ne prend pas beaucoup de temps… vous aurez à peine le temps d’aller déjeuner et venir la chercher… »

« Non ! Je bouge pas d’ici ! Quand est-ce que je pourrais avoir les résultats ? »

« Je ne saurais vous le dire exactement mais ça ne dépassera pas la semaine… »

Une semaine… à vivre avec toi ma belle dans l’attente de l’inconnu… cet obscur qui nous guette…

« J’aimerais tant pouvoir vous affirmer que sa tumeur est bénigne, mais je n’en ai ni les moyens ni le droit, par ce que, voyez vous, nous autres… »

Parle vas-y, tu es loin… je n’entends que la voix de mon cœur qui s’ouvre soudain à l’espoir : une semaine c’est assez pour dire des « je t’aime » à l’infini, pour rire à en mourir, pour serrer jusqu’à suffocation !!! Une semaine c’est des millions d’existences de papillons d’un jour, c’est des milliers de prières silencieuses et un souvenir entier !!!

Le toubib ajuste sa bavette devant le bloc puis soudain me regarde et s’écrie :
« Je la connais !! Je la connais !! La chanson ! C’est de là qu’elle tient son nom n’est ce pas ?? »

Je ne confirme pas… mais oui c’est grace à Ferrer que je l’ai appelée Mirza…

Longue vie à toi mon chien…



samedi 12 avril 2008

Rien qu'une nuit...

Rien qu’une nuit, viens…

Rien que disparais de mon fantasme pour froisser mon oreiller, pour peupler mon étreinte, humer mon désir… brûler mon âme ou du moins essayer de contenter mes plaintes, affronter mes délires…

Je t’aime, mais ce n’est qu’un détail… qui échouera sur les rivages de nos jeux de la nuit… moi qui, de mon souffle, te tenaille et toi le vengeur qui me nuit… entre tes « Aïe » et mes « oh oui », quand tu t’agrippes à ma taille et que, folle, je te suis…

Viens là que je touche ta peau rêche… celle que de ma bouche je mouille et je lèche… que je couche sur ces surfaces sèches et que je les douche de moiteur fraîche…

Rien que taquine mon indécence… je sais que je te turlupine de mes mots comme de mes sens, que j’illumine ta vie de mon incandescence… que tu penses que je suis maligne quand j’offre à toi mon corps qui danse d’une nonchalance coquine… et que je fouine ton bas ventre ignorant tes doléances… insolence ?

Viens donc que je te rééduque à ma façon ! Je te renseignerai sur les bonnes manières d’entretenir ma flamme… je te ferai élever, sans débander, tel un Homme qui en passant, saura quand et comment honorer la Dame…

Rien que viens Ténor accompagner mon Soprano ! Crier n’est guère très agréable quand on peut susurrer l’inédit… à penser tellement Fort et parler « Piano », on composera, on poussera des mélodies !

Viens qu’on écrive un épisode de charme et de poésie…viens tremper ta plume dans mon encrier… je t’écris et tu me réponds puis tu m’écries et je te répand… plume moi que je m’écrie! je me repens de ma réserve… éclabousse moi de ta verve… j’assume !

Et au clair de lune, quand tu me diras : Déesse ! Accepte donc ma révérence pour m’avoir tant appris de ma force et ma faiblesse ! Je me moquerai de ton innocence et puis, après avoir ri, je te reprendrai dans mes bras… je t’inviterai à d’autres séances pour remédier à ta maladresse à lire mon amour… sur ma face attendrie…




merci à quelqu'un de Bien :)

mercredi 9 avril 2008

Un doux vent de trahison...

Déchoir…très bas... en dessous des tombes… dans le noir, doucement, en se balançant comme dans le songe usurpé par effraction… cauchemardesque, pourtant doucereux ne soulevant aucun membre, ne suscitant aucun sursaut, du moins physique.. Molestant et venimeux; le cœur battant une trentaine de coups en moins, non pas d'effroi mais d'appréhension du contact du précipice… celui qui ne vient jamais .un déchoir qui glace les membres, marbre le teint et rembrunit la destinée.

Refréner l'impatience d'arriver au fond sans réussir à se la jouer "jacques le fataliste", l'appréhension persiste, la frustration également, fi!Voyantes et oracles pour dépeindre un futur que l'on ne peut modifier, une destinée qu'on ne fuira qu'allongé les pieds devant et l'âme à Géhenne… une répression de l'espoir hypocrite qui vient racoler les prières puis racler les aspirations ineptes… peut être est ce mieux ainsi! Un Taedium vitae qui procure au moins la sécurité d'un airbag. Et pourtant, le delirium survient pour extirper l'âme engourdie de sa lassitude en plateau… fi!

J'ai voulu connaître l'avenir, on m'en a imploré Phoebe: déesse lune, celle qui recueille les prières ingénues et les vœux de mal; une vision pour le moins infernale s'est dévoilée à moi: une série de batailles perdues d'emblée,mon cœur déchiqueté et ma vie me quittant pour s'émanciper loin de l'abîme; et cet être qui peuple mon existence, mon élixir de bonheur et sédatif de douleur, s'envolant loin de mes cieux écrasants et écrasés…c'est ainsi , m' a-t-on dit, que mon tourment débutera!

Je ne fréquente pas de devineresses et je ne crois pas à la voyance, j'ai donc ri à gorge déployée, incrédule et futée, ou du moins l'ai-je cru… jusqu'au jour ou, sur ma véranda, une douce brise, soulevant les feuilles des arbres de mon jardin, se déchaîne, dérange l'humeur chaude de ce temps d'été… comme un vent méchant qui prend au dépourvu et gèle les bras dénudés. J'en ouvre les yeux frissonnante, légèrement… largement… grands ouverts… sidérés puis ahuris!!!!

Fébrile de la chaleur de l'étreinte passionnée, du baisé ensanglanté qui se cachait de tous les regards et que j'ai la malédiction de saisir, je me sens fébrile!!!! C'est lui qui me saisit, le spectacle me frappe de stupeur et de mal!
Mon amour !!!

Mes pieds ne me portent plus. On m'avait prédit la traîtrise, on m'avait vaguement parlé d'un doux vent de trahison: c'est donc cette brise déchaînée qui m'ouvre les yeux sur le gouffre qui s'offre sous mes pieds…je n'ai hélas rien cru!

Mon bel oiseau qui m'avait promis son éternité me quitte pour, enfin, me propulser dans le trou noir qui engloutira mon destin, c'est le signe prédit qui déclenchera les avalanches inhumantes…j'ai su ma vie par les yeux d'une voyante et j'attends la fin sans révolte, je ne suis pas triste! je n'ai pas peur!mais je me sens dégringoler… déchoir…très bas… en dessous des tombes… dans le noir,doucement en se balançant comme dans le songe usurpé par effraction… cauchemardesque…

mercredi 2 avril 2008

je te quitte...

Pourquoi me suis-tu du regard? Je vois dans tes yeux l'appréhension que mon départ fait naître en toi…c'est le non retour, tu le vois? Dans ma marche pour la sérénité je te laisse sans attaches…

Tu pensais que je t'avais ravi ta liberté, tu ne le disais pas mais l'esclave que j'étais remarquait dans ton regard cette accusation injuste de viol.

Tu fus mon premier amour, celui qui m'initia aux délires de cupidon ; fils de Mars et de Venus, ce petit nous propulsait dans des guerres sans merci pour tomber dans les ébats cruels d'une passion déchaînée… j'aimais tes moindres gestes, je buvais tes paroles comme une pauvre sotte crétinisée par le mielleux de tes discours, le doucereux de tes abords et l'enivrant de tes baisers…

Pourquoi étais-je devenue ravisseuse après avoir été ravissante? Pourquoi le prédateur que tu étais, était-il devenu proie de machination savamment calculée? Tu m'attribuas un savoir-faire que je n'avais pas, je devins démone et toi pauvre mortel… et pourtant, c'était moi qui agonisais à chaque étreinte sans passion.

Merci donc d'avoir omis de préciser que t'avais ligaturé ton cœur afin qu’aucune semence ne le pénètre, qu’aucune ébauche de sentiment ne naisse! Merci de m'avoir laissé rêvasser comme une enfant à l'avenir dessiné aux crayons de couleurs chatoyantes… aujourd'hui je suis bel et bien grande! J'ai mûri, à mon insu, de tes mains, malgré moi… la désillusion fatale ne m'affecte point… Seul l'écho du gémissement ce cet enfant déçu me réveille ...et me peine.

Pourquoi es tu si perplexe à toiser ma nudité? Serais-tu enfin capable de voir mon âme à travers ma peau froide? La chaleur de mon corps faisait donc obstacle à ta clairvoyance? Paradoxalement, mon amour t'empêchait de voir mon amour…

Merci encore de m'avoir refroidie! Pourquoi me consumer à petit ou à grand feu si personne n'en profite? Si tu n'en as pas besoin? J'étais un piètre feu de camp au milieu des lumières attrayantes et les chauffages d'une nuit… d'un moment… programmables ces chauffages là, contrôlables : ne gaspillant rien, n'embrasant personne et ne consumant que le désir né de l'instant.
Moi, comme tout enfant de la nature, je ne devais vivre qu’une vie, n'aimer qu'une fois et ne me consumer que pour finir en cendres… et ce fut ainsi.

Cette main que tu baises ne veut plus te toucher, car tu l'as méchamment rejetée… elle était pourtant si douce ma main sur ton corps, amoureuse et suppliante. Aujourd'hui elle te dédaigne, elle dénigre ta soif et tes larmes. Détrompe toi! Elle n y est pas forcée… elle te quitte de son plein gré…

Aujourd'hui je te quitte! Je quitte tout le monde mais pas le monde! Je serais au monde mais pas du monde ! je te libère de ma présence, de mon être… je te libère même de mon souvenir, si après moi, ta conscience te saoule, ou que ton cœur chavire d'instabilité. Et ne me regarde pas comme un orphelin chassé de son abri par le méchant tuteur! Je n'ai jamais été cruelle et tu n'as jamais été démuni…

Je te quitte et je te lâche! Lâche donc mon pied qu'on achève de couvrir mon corps blanchi… ce corps sans vie…

lundi 31 mars 2008

Traîtrise d'orgueil...(pour CandySha)

Il fut lent à venir et prompt à quitter, il fut si beau si doux et si misérable à ne plus être, il fut malheureux cet amour bâtard qui ne prit racine nulle part et qui s'adonna à une passion stérile puis avorta le rêve déchu.
Fut-il amour? Ou scélérat de sentiment imposteur qui se joua de mon cœur ingénu et assoiffé d'eau de rose? Serait-ce mon orgueil qui me torture? Je le connais hypertrophié qu'il atteint ses dimensions pantagruéliques à la moindre éraflure; serait-ce donc cet affamé de grandeur qui me fait si petite, si faible et pathétique?

Que dieu te maudisse infâme douleur qui lapide mon bon sens, qui me prend quand se peint le bonheur sur les frimousses éprises, qui me ravit le temps et la patience !
Tu finiras par passer douleur! Mon cœur cessera de miauler, tel un chat à qui on enlève son jouet favori, même après l'avoir tant nourri !ma patience finira par se lasser de son exil et me reviendra…
Et toi amour ou substitut d'amour, tu quitteras mon esprit onirique assoiffé de romance et de rêvasserie diurne… tu ne seras plus là à sourdre tes déferlantes hallucinogènes, tu ne seras plus las de veiller à ce que je reste tienne, prisonnière et esclave... Puisque tu t'ennuieras, tu t'en iras…
Mais tu me reviendras chaud et passionné, et comme folle je suis, je récidiverai, te prendrai avec ardeur, je plongerai dans tes profondeurs jusqu'à suffocation et que m'importe tant que tu ne me lâcheras pas de ton emprise!
Je vis donc je souffre! Alors autant souffrir tes assauts, ta tyrannie et ta folie lunatique …va-t-en, mais reviens vite me prendre, châtiment fatidique!

Amour ……je t'aime …………………


CandySha: ça te passera ma chérie, tu renaîtras de tes cendres et je serai là pour te voir luire de plus belle...

jeudi 27 mars 2008

Mea culpa de Lilith

un ancien texte dédié à Alexander en réponse à son texte "Lilith"...

http://daemonsandmarvels.blogspot.com/





...
Une créature de sang et de mal, je l’avoue…je le suis..

Ce même mal qui me prend, le mâle qui m’éprend.. Le fol être qui ose me chercher me trouve, infâme et affamée ; et je le dévore de mes « dons » et je le bois de mes sens et je le consomme, je le consume de mon corps.. de ses reliefs moites et luisants de sueur, transpiration du désir le plus pur, l’envie la plus infâme la plus crue et l’instinct bas de l’animal misérable qu’est l’homme lorsqu il est dénué de sa raison , de sa dignité !

Pauvre fou ! Tu n’es qu’un être misérable que je m’amuse à vider de son âme… et tout comme le corps qui s’étend ce soir sur ma couche, essoufflé et anéanti, tu périras avec l’immense espoir de courir à ta fin plus rapidement et de perdre le peu de respect que tu éprouves toujours pour toi même afin d’assassiner le peu de conscience qui te retient chaste et digne, loin de mes bras…

Il est d’un ennui morbide de toujours arriver à mes fins, à assouvir mes faims, et d’un facile exaspérant…je me joue alors de charger les secondes qui passent de déferlantes ravissantes et ravisseuses différentes en intensité et en contenu… elles sont tantôt choquantes de sensualité et de vulgaire, tantôt indifférentes et immanquablement innocentes… pauvre fou ! Même un fou ne croirait à l’innocence du démon… mais toi si ! Parce que je le veux et que je le vaux…

J’ai ton âme en main, ton cœur sous mon pied et ta raison, je la cuis en présence de denrée hallucinogène, elle s’en trouve ainsi tourmenté et tu t’en trouves ainsi égaré, esseulé, insomniaque et ahuri…

Ce corps qui gît sur ton lit t’inspire la pitié la plus détachée puisque ta conscience n’est déjà plus ; il ne t’importe plus que le feu qui t’embrase, il ne te préoccupe que cette cruelle poignée qui te serre le cœur au point de suer, au point de pleurer sans raison et au point d’avoir envie de te trancher les veines pour libérer ton sang…qu’il vienne à moi…

Tu sais que tu rejoindras tant de corps sans âmes, tant d’âmes que j’ai dépucelées et tant de morts vivants, et tu espères courir à ta fin de la façon la plus rapide qui soit, mais à mes yeux tu ne vaux guère l’envie de déployer mes ressources maléfiques infinies, tu n’auras donc aucun répit aucune pitié, j’allongerai donc ton tourment afin de retarder l’ennui..

Je regarde sur mon bras tant de griffures que je me suis faites chaque fois qu’un pauvre mortel est tombé dans mes filets et sous mes yeux. Il y en a de bien profonds pour ces grands chastes que j’ai séduits, et il y en a de bien pâles pour de piètres succès…

Mon amour.. Sois donc chaste, sois donc bon et fort, et procures moi l’enivrant plaisir de te déposséder de ton être…je t’offrirai l’enfer...mien…

samedi 22 mars 2008

rien que pour tes yeux... rien que "par" mes yeux...





J'ai des yeux fantastiques!!!

Ils ne voient pas lorsqu'ils regardent… ils lisent un monde onirique ou seul leur langage s’hasarde…
Mes yeux percutent des mirages et des rêves, me ramènent des images édulcorées et des couleurs enchanteresses…ils réfléchissent des mélodies du bonheur… oh que si! Mes yeux parlent!!!
Ils palabrent dans les langues entremêlées de passion… chantent la vie d'un son de lyre, composent mes hallucinations, interprètent mes battements de cœur et produisent des symphonies hilares … mes yeux disent l'amour… ton amour…

Je t'apprendrai à lire tiens! Je détiens le secret de la langue; j'ai léché tant d'abécédaires que je te communiquerais mon savoir… la langue dans la bouche: Ma langue dans Ma bouche!
Et rien qu'avec mes yeux, j'enseignerai aux tiens les lettres éternelles de la passion… ces mots qui perpétuent la vie. On composera ensemble tes premières phrases avec aimer comme seul verbe et moi comme unique complément… je te compléterai l'enseignement par la pratique des regards langoureux qui en disent long… après ça tu saisiras au vol les messages enflammés des tourtereaux qui roucoulent en silence des voix… tu comprendras, de mes yeux, leur raillerie profonde quand à Lilith tu dis: "chérie, tu es un ange!"
Et quand ta langue entreprendras de m'ôter… la parole, tu auras de mes yeux un discours nouveau, inédit… chaque fois… tu n'auras pas intérêt à fermer les yeux, même pas pour savourer mes goûts… et mes couleurs!!!
Tu ne perdras tout de même pas le son unique de la voix de l'amour… tu l'apprendras pour le répéter de tes yeux… pour essayer de me répondre comme dans les comédies musicales des piètres mortels…

Mes yeux à moi sont fantastiques!!! Dans mon monde, l'oreille est accessoire de passion… la langue est émettrice de sensations… sur le lobe de cette même oreille…
C'est de mes yeux que je dis, et c'est à l'encre de mes yeux que j'écris. Et si, ce soir, je ne puis écrire que ces quelques mots dans ta langue mortelle, c'est que dans ma langue éternelle j'ai parlé de mes yeux, j'ai dit un amour que tu ne comprends toujours pas… je me confine alors au silence dans tes bras…je te reparlerai dés mon réveil…


Pour kb...

mardi 18 mars 2008

pour un voisin...

...Peut être un jour, que tu m'enlaceras dans tes yeux... que je vivrai dans ton rêve, et que je peuplerai ton tourment... ce même tourment que je causerai...

Peut être que j'aurai sur ma peau les stigmates d'un torrent violent d'écorchures et de ravages... mon haleine sentira ton parfum, l'odeur de ta transpiration grisera la bête... le fauve que tu caresseras comme le plus doux des agneaux...

Peut être que sur la route pour ma destinée je garderai le souvenir enivrant de ta présence désormais absente; que je souffrirai le manque et l'envie, que je tremblerai la nuit en simulant ton baiser sur mes lèvres, les yeux fermés et le corps arqué...

Peut être que je t'oublierai à coup d'aventures ou de verres cassés... que dans mon armoire je rangerai ce déshabillé tant désiré, avec les photos enflammées et les vestiges d'une passion interdite... que je les jetterai ou les offrirai à la première passante ou à la mer... qu'elle ensevelisse le tourbillon, qu'elle emporte, demain, la folie de ce jour...

Peut être ou peut être pas... Peut être que je me cantonnerai à l'obsession de t'observer... chaque jour, de la fenêtre de ma cuisine... quand tu te réveilles...

dimanche 16 mars 2008

mardi 11 mars 2008

inspire moi...



Inspire moi!
Procure moi la joie de te lire et de te dire en mots tendres, en mots fous, en mots sots, en mots doux! Dévoile ton corps que je le lèche de mes yeux, dénude ton cœur qu’il plonge dans mes feux, qu’on s'embrase tous les deux…

Sois donc le péché dont je me repentirai après l'avoir consommé en entier… dont j'écrirai à l'encre de mes yeux, à la couleur de mon iris, des poèmes et des délires, des folies que l'alphabet ne saurait contenir…

Ris donc de ce rire con qui me fascine de sa sottise, je l'aime tant!

Fais des choses! Ne fais rien! Je saurai voir en toi l'émir venu des siècles révolus… je te ferai dieu échappé d'un temple mythique, un Apollon, un Bacchus saoulant … tu me saoules, tu m'enivres, m'irrites puis me saoules! Je m'éloigne pour te fuir, exaspérée,puis reviens pour jouir, dans mon esprit brûlant, nos ébats langoureux sur un torchon jamais lu…

Excite mes fantasmes, crucifie donc ma raison et libère mon instinct! Je louerai dieu pour t'avoir fait, et Satan de m'avoir faite éprise… je ne te veux pas, je te possède, je te veux loin que tu continues à me tourmenter, que tu me grises…

Effleure mes dons de ta pêche! Ta joie dégoulinera sur mon recueil, dessinera ce charme singulier en énorme tâche…

Rends moi folle plus que je ne le suis! Rends moi ma passion torrentielle! Fertilise mon talent de ta semence quelconque, je puis la fleurir, en faire un fruit d Eden déchu du ciel…

Tu es ce que je veux que tu sois, ce que tu me fais quand je te vois. Tu es né de mon limbe, délire émouvant et sensuel; tu n'es pas exceptionnel; je SUIS l'Astre! Et tant que tu graviteras dans mon orbite, tu luiras de mes feux éternels………

vendredi 29 février 2008

Nouvelle adresse!!! ( espoir! es-tu là?)

Demain je déménage, je redécore ma vie. L’espace s’est rétréci autour de mon cœur, mes pensées sont mal éclairées et mon esprit est très mal aéré ; sans parler de l’architecture désordonnée de mon passé qui ne convient plus à mes états d’âme nouveaux… je change de voisinage, je m’installe là ou l’atmosphère conviendrait à ma bonté, là ou la pollution d’âme demeure tache rarissime sur le paysage général.

Demain je change de couleur, je repeins ma vie en rose et en couleurs pastel, j’ouvre grandes les vérandas sur l’avenir et j’aménage une cheminée pour fumer mes craintes et mes soucis.

A l’entrée déjà ? je balaierai tout vestige de mes peines anciennes, j’épargnerai à tout visiteur les étalages de mes échecs qui sont de fort mauvais goût. Je mettrai à la place une photo de ma mère : ma plus grande joie, mon diplôme : ma plus grosse réussite, et les portraits de toutes les personnes charmantes que j’ai ravies : mon plus grand succès… celui d’avoir été aimée de tous !

Il est impératif que ma nouvelle demeure soit spacieuse pour contenir tous mes desseins et tous mes amis, assez éclairée et sans rideaux pour ne rien passer dans le noir, sous silence. La cave contiendra les mauvais souvenirs, les regrets et les stations de ma vie actuellement inutiles mais dont je ne peux me débarrasser. Tout sera jeté aux oubliettes sans complètement disparaître. Au grenier, par contre, seront placées les tâches reportées à plus tard. Les bons souvenirs et les vidéos familiales, comme le bon vin, seront à sortir les grands jours.

La vie, vois-tu, est une demeure personnifiée au goût du propriétaire et décorée selon le monde qui la peuplera. Je compterai, alors, une infinité de pièces pour l’infinité de personnes qui me partagera l’existence.
Une chambre à l’éclairage tamisé pour ne dire les choses qu’à moitié claires, pour le plaisir d’insinuer et de suggérer. Une musique de fond aux rythmes de soupirs brûlants, un oreiller rembourré de rêverie et un lit tournoyant de passion : la chambre du centre que je partagerai volontiers sera tienne mon amour !

Un aspirateur de rage, un balai à soucis, du détergent pour dégraisser ma foi salie : tout y est pour le grand ménage que j’opère dans mon esprit… demain.

Je songe déjà qu’après, je coulerai un bain aux essences de l’espoir pour purger mon âme de la noirceur cumulée. Un baume d’optimisme en quantité énorme puis un doux voile de pêche aux senteurs fruitées pour la fraîcheur et le punch !

Quand est-ce que vous venez voir ma nouvelle vie ?

lundi 25 février 2008

allo





Elle coule, elle coule, elle coule……
Petite larme salée, presque amère trompe mes papilles et ma force… trace sur ma gorge un trajet de regret… ton manque excite ma glande à souvenirs
Celle-ci excrète nos plus belles étreintes sous la lune étrangement ronde de ton pays…j'en ai les cheveux qui s'élèvent pour saluer les brises de Bari…
Elle refuse de sortir mouiller ma joue; mon maquillage en souffrirait… mon éternel sourire aussi… elle coule en dedans. Elle n'agit pas par pitié, elle est inerte… insensible…elle, le fruit même de mes sens!!! Le fait est que ma personnalité bifurque au moment ou mon cœur bat… je m'affaiblis au point de souffrir le froid et la faim tel un bébé… un câlin de toi me sauverait…m'aurait sauvée… mais mon armure se dresse encore plus haute, hautaine… plus forte… lourde…alourdit mes membres frêles et mes peines…alors je sombre plus bas encore et encore…et mon armure n'en est que plus haute, plus noble… plus froide et impassible. Une armure ne pleure pas, elle ne cède jamais… on ne voit pas mes larmes …
Les photos que j'ai de ton anniversaire, les pierres qu'on a ramassé sur les différentes plages de notre histoire, ton parfum que je t'ai piqué avant ton voyage, les tickets de métro…j'en ai le cœur écrasé. Il saigne l'amour goutte à goutte…si je perds tout mon amour je meurs…
Voudrais-tu me permettre de t'entendre encore une fois? Que je ferme mes yeux en percevant la mélodie de ton accent; que je pleure, dans le silence, ces larmes qui ne se voient pas…que je saigne mon cœur…qu'il se vide de toi…

-allo?

jeudi 21 février 2008

mon ami... je t'aime...




Yo te quiero... à la façon de Marc ANTHONY...

Écoute ça !

C’est peut être comme ça que je te veux dans ma vie, lointain et inaccessible, mais omniprésent...

Je veux que tu sois le premier à me couvrir de câlins quelle que soit la circonstance... atténuée ou hardement hard!! Que tu sois le premier que je réclame pour mes p'tits soucis ou pour mes désastres et déliriums...

J’ai besoin que tu me saoules de ton parfum ou de tes lamentations idiotes comme à chaque rupture!

Je veux te voir resplendir comme à chaque nouvelle chasse, sans oser imaginer ce que ça serait d'être dans tes bras... sujette à ta passion... humer ton parfum... prisonnière de ton fantasme... je m'égare!!

En gros: sois mon ami! Reste mon ami qui se fait femmelette pour partager mes larmes immanquablement débiles… et je resterai ton amie, qui se fait "hommelette" quand tu te brises les couilles...ouille!!!

Reste en moi... reste pour toi et pour ce qui nous fait, l'un et l'autre... amis…

vendredi 15 février 2008

SPECIAL

"Vêtu de mon boléro délavé que les ténèbres clémentes daignent soustraire aux yeux de ma bien-aimée, je gravis la gouttière et me dissimule entre les feuillages. Bientôt sa silhouette se détachera des voilages et le somptueux filigrane de son être se prêtera à mes mirettes écarquillées. Bientôt, ma sérénade prendra la mesure du martèlement de mon cœur.

Le calendrier de mon vieil agenda annonçait le 14. Tout me paraissait sombre ou pourpre. L’air sentait le chocolat. Valentine à la borne kilométrique la plus proche de mes ardeurs. Ce soir sera mien. Ce soir sera sien. Le chatouillement des ramures adoucit mes desseins et la passion me submerge d’un enivrement d’une intense volupté.

Elle passera devant sa fenêtre et je lui chanterai toute ma flamme. Je me nourrirai de ses sourires, m’abreuverai de ses gloussements espiègles.

Bientôt la délivrance. Bientôt la lune luira à moins d’un empan. Et mon cœur qui bat sa chamade annonçant ma sérénade. Bientôt…

J’entends déjà sa démarche feutrée sur le plancher. J’aurais adoré être foulé de la sorte. Sa main sur l’espagnolette et ce doux mouvement ouvre grande ouvertes les alvéoles de mon cœur en feu.

Me reconnaîtra-elle ? Qu’importe ! Je mettrai une note devant une autre, chanterai un vers après un autre. Et je vivrai cet instant féerique avec elle. Elle, qui un soir d’hiver, m’avoua que le 14 serait inerte. Elle, qui s’appelle … chut …ne le dites à personne…Fedwa."


A Fhamator: Je n'ai pas de Valentin... mais des amis Magiciens...
Je m'incline Youssef...

mardi 12 février 2008

ça bouillonne...




Et moi donc!!! Et moi donc bel homme!!

Mais pas dans un salon de coiffures pour dames… les rondeurs n'excitent pas mon érogène… ce cerveau pullule d'obsessions qui parasitent ma décence… des étreintes, des morsures, des interdits … des indécences, des cris et des inédits… la réalité s'embrouille dans ma tête, le fantasme s'en mêle…

Donne… dis… crie… massacre et ratatine…chante donc et souffle sur la flamme incendiaire… mon corps prend feu et s'embrase de ta voix, du rythme oriental comme de mon érotomanie… nymphomanie…

Je voudrais être un tabouret dans un bar reculé de la ville … pour palper, dans la nonchalance des hommes qui me siégent dessus, la virilité de leur… posture (ben quoi!! Il a bien dit org..ueil!!)

Je voudrais être une fermeture éclair… un Zip dit-on (ouille……) pour découvrir, à chacune de mes montées et descentes, les talents (l'étalon) cachés (caché ) de la couture…impressionnant ces pantalons!!!

Je voudrais être une lame de rasoir, fine et tranchante, lisse et dangereuse… pour effleurer... Gratter... aplatir les protubérances…peaufiner de prés les mentons désormais imberbes… approcher doucement des bouches volontaires et, justement, saigner là ou l'on s'y attend le moins…


Je voudrais être une clope tiens! Pour être aspirée rejetée puis reprise aussitôt!!! Ah la passion avec laquelle le mec tient sa cigarette!!! Son besoin de la porter à sa bouche… sa dépendance… ses désirs et ses desideratas!!! Jamais un mec ne souffrira le manque d'une fille comme celui de la clope…

Je voudrais et je voudrais… et comme dans cette chanson j'éprouve également le besoin pervers de drainer mon fantasme…de célébrer ma féminité…

jeudi 7 février 2008

étrangers...

Cheveux poivre et sel et regard d'étranger… mains dans les poches d'un trois quarts élégant et un semblant de sourire sur les lèvres, il avança… passa la porte entrouverte et scruta le décor exotique avant de l'apercevoir, elle.

Elle, un stylo à la main atone, une tête dans les nuages et un regard las qui finit par tomber sur l'étranger…
Ils s'observèrent un moment puis il avança encore de quelques pas sans mot dire
"Vous êtes ici pour qui?" dit elle

Quand il parla, elle eut l'impression que sa voix étouffait.

"Hum… c'est une pension n'est ce pas? Non je ne suis là pour personne, ni même pour prendre une chambre…"

Une pension? Il devait se tromper d'adresse, de plus il n'avait pas l'air d'avoir déjà mis les pieds dans ce genre d'endroit…

" Je cherche des informations à vrai dire… au sujet de la famille à qui appartenait cette maison."

Un silence de quelques secondes puis il reprit:

"Il y'a 21 ans je vivais tout près et, dans cette même demeure, vivait ma fiancée… ou du moins il nous plaisait de nous considérer fiancés…"

Et là le semblant de sourire qui tirait le coté de sa bouche se révéla clairement… beau et lumineux. Quel bel homme!

Il devait avoir la quarantaine passée, des ridules infimes traçaient l'emprunte d'un sourire éternel sur les bords de ses yeux noirs.

Subjuguée par la nostalgie qui se peignait dans son regard, elle indiqua du doigt une chaise qu’il prit avec reconnaissance et il continua sans trop tarder.

"Elle était belle comme le rêve le plus fou des chômeurs du quartier (sourire encore plus large) et j'en étais un évidemment!! Mais c'était quand même de moi que la gracieuse fille du fonctionnaire s'était éprise."

Et là en baissant les yeux, elle aurait juré que des perles lui tombaient des globes… tellement l'intense souvenir ébranlait son être…

Rien qu'au souvenir, le sourire s'intensifiait avec béatitude et ni l'orgueil d'homme ni l'étrangère en face de lui ne pouvaient en affaiblir l'étendue…

"je sais qu'une bien jolie jeune femme comme vous doit avoir plus d'un soupirant, mais je doute qu'un homme sur terre puisse aimer sa chérie comme je l'aimais, moi."

Elle sourit à son tour. Elle n'était pas jeune, encore moins jolie et de sa tour d'ivoire personne ne s'approchait. Mais consciente qu'il le pensait vraiment, elle ne put qu'acquiescer.

"Elle était belle et timide… je me souviens que j'avais passé des jours à lui faire des signes de tout genre avant qu'elle ne retienne mon message; et qu'elle avait mis beaucoup plus de temps avant qu'elle ne daigne, un jour, laisser tomber son mouchoir sur ma tête; quand j'avais relevé la tête elle s'était déjà évanouie dans le brouillard de ce soir. Je ne l'oublierai jamais…"

Fascinant!!!

De son récit elle ne retint que peu. Elle ne pouvait concevoir qu'un homme puisse se souvenir avec tant d'adoration d'une passion ancienne de 21 ans.

Elle voyait des hommes à la pelle. Des hommes de différentes carcasses… l'un se disait dur, l'autre romantique… personne de crédule, malgré la gentillesse et la générosité.

Lui était vrai… tout simple sans édulcorant… il vibrait d'un sentiment constant qui refusait de s'atténuer… il n'avait pas de faux espoirs, aucune lueur de folie n'animait son regard. Il voulait tout simplement en parler…le fantôme de son amour perdu posséda son corps au premier pas dans cette demeure et il voulut se manifester…

" 3 ans d'amour secret, de lettres sacrées et d'heures sacrifiées aux fenêtres de cette vieille maison" dit-il le sourire persistant.

" Quand son frère de 12 ans avait découvert une lettre dans son tiroir, il m a fallu travailler le soir après les cours chez le menuisier du quartier, pour soudoyer sa gourmandise."

Son sourire devint contagieux, tirant la femme de sa lassitude.

" Un jour en passant par là, on me prévient qu'il y a eu des youyous chez les Hachmi… elle n'avait qu'une jeune sœur de 10 ans; il ne pouvait donc s'agir que de ma chérie."

Elle pouvait être froide et indifférente mais la danse des perles qui illuminaient ses yeux la laissa interdite. Un homme pouvait vraiment aimer une femme…

interrogation ou affirmation ? Elle ne sut le dire…

Légèrement amer cette fois, son sourire se voulait content.

" j'ai à peine vu ses larmes qui en disaient long pour comprendre que l'espoir n'était pas permis pour nous… l'amour était un luxe que je ne pouvais me payer…"

Elle respectait son silence. La souffrance était peut être loin mais la répercussion sur son cœur était flagrante.

S'était il marié après? Avait-il trouvé l'amour autre part? Certainement pas. Il ne portait ni bague à la main ni personne dans son cœur, pas au point de lui faire oublier sa chérie.

" Je suis parti sans tarder. J'ai quitté ma famille et mon pays et me suis tué à travailler pour tuer la misère… j'ai plus rien su d'elle."

La misère, il l’avait bien chassée de sa vie, mais pas la nostalgie… pas l'amertume ni le besoin… d'elle.

" Saida!!!!!"

La voix rauque qui transperça le silence la fit sursauter et le fit tressaillir... une voix de femme, enrouée et criarde, la réclamait. Elle se décida enfin à parler.

"Je dois y aller monsieur… je suis navrée pour vous…" elle ne sut dire mieux.

"Il n’y a pas de quoi mademoiselle … merci de m'avoir si gentiment écouté. Mais j'aimerais quand même que vous me disiez si cette pension appartient à cette famille même! Aux parents de la femme dont je vous ai parlé, Leila Hachmi?"

Elle répondit à la hâte
"Non monsieur, je travaille ici depuis 10 ans et je ne connais pas de famille portant ce nom, ni dans cette maison ni dans le quartier… et un conseil: cette femme que vous cherchez n'est plus de ce monde. Pas morte, non! J ne saurais l'affirmer… mais elle fait partie d'un passé révolu qui ne ressuscitera pas… délivrez vous donc de ce rêve et vivez libre."

Il sourit, encore une fois, se leva et la remercia chaleureusement. Il partit laissant un voile de parfum et de regret…

"Saaidaaa!!!"

Elle se hâta pour répondre à sa patronne…

" Oui lalla! J'arrive!"

Cette femme qui attendait en haut des escaliers paraissait exaspérée.

" A qui parlais tu?" dit-elle maugréante entre deux bouffées de cigarettes.

"Je t'ai dit mille fois de ne jamais laisser la porte ouverte! Il ne manquerait plus que des curieux viennent faire l'inspection des lieux!!"

"Désolée."

Avant même qu'elle ne pusse juguler la mauvaise humeur de sa patronne, une autre voix leur parvint de l'entrée; une voix d'homme cette fois, que toutes deux reconnurent: le Pacha!

" Vite, cherche moi les factures à payer, le gros est là!"

Saida se précipita pour chercher les factures non payées et attendit 5 minutes pour éviter le spectacle des effusions du Pacha envers sa patronne.

" Petite Saida, comment vas-tu?"

Elle ne répondit pas. Elle gardait toujours son apparence hostile pour esquiver des dialogues vulgaires avec ces hommes méprisables…

Se retournant vers sa patronne, elle dit avec un ton savamment désolé:

"lalla! Le boucher est encore venu réclamer son argent, et les factures non payées sont nombreuses… on risque de ne pas avoir d'électricité ce soir…"

Ceci dit, Saida se mit à observer, fascinée comme toujours, le décor qui s'offrait à elle…

Sa patronne était une femme de 38 ou 44 ans? elle n'en savait rien. Toujours de mauvaise humeur, une cigarette à la main un verre à l'autre, se baladant en déshabillé, pleurant ou dansant avec des disciples selon ses paroxysmes. Elle était d'une beauté rarissime que l'alcool n'avait pas pu massacrer. Le maquillage servait à peine à voiler la douceur de ses traits, lui prodiguant ses apparences de femme fatale…

Elle était là, nue sous son déshabillé rose indien qui suggérait des folies. Elle avait cette moue coquine à damner un saint et une main sur la cuisse. Le Pacha, qui bavait comme un porc, déposa, sans détacher ses yeux d'elle, un argent que Saida n'acheva de compter qu'après leur départ… la patronne moulante, et lui moulu…

Ce soir là, elles ne faisaient pas de fête. Toutes les filles étaient dehors. Après le départ du Pacha, elle ira dormir dans sa chambre à la cave de la maison devenue bordel…

Elle s'assit sur une chaise et regarda l'argent sur la table avant de le ranger dans le tiroir avec les factures, déjà payées, au nom de sa patronne… Leila Hachmi.